Gnose et Rose-Croix 1 : Gnose et Rose-croix du 17ème siècle selon les universitaires

« C’est précisément une gnose, c’est-à-dire une appréhension supra-rationelle du réel, transcendant le dualisme du sujet et de l’objet pour devenir une co-naissance à l’harmonie entre l’homme et l’univers, entre le microcosme et le macrocosme, que proposaient les premiers écrits rosicruciens authentiques, la Fama Fraternitatis, la Confessio Fraternitatis et les Noces chymiques de Christian Rosenkreuz. »

Selon Roland Edighoffer :
« La crainte devant la conception d’un «univers-machine» indéfiniment physique accentuait la nostalgie d’un monde interprété comme le grand Livre de la Nature, dont une antique tradition chrétienne issue d’Origène estimait qu’il avait été écrit par le doigt de Dieu.
Sa lecture exige précisément l’ouverture ontologique du concept à l’essence des choses. «non que cette face cachée de l’être soit inconnaissable, mais sa connaissance exige une transformation du sujet connaissant, une conversion radicale de son intention spéculative, ainsi que l’explique Platon, dans le symbole la caverne, bref qu’on dépasse le plan ordinaire de la philosophie et de la pensée pour accéder à celui d’une véritable « gnose » ».
« C’est précisément une gnose, c’est-à-dire une appréhension supra-rationelle du réel, transcendant le dualisme du sujet et de l’objet pour devenir une co-naissance à l’harmonie entre l’homme et l’univers, entre le microcosme et le macrocosme, que proposaient les premiers écrits rosicruciens authentiques, la Fama Fraternitatis, la Confessio Fraternitatis et les Noces chymiques de Christian Rosenkreuz. »
(Edighoffer, Roland, - Les Rose-Croix et la crise de conscience européenne au XVIIème siècle – , Paris : éd. Dervy ,1998 (Coll. Bibliothèque de l’hermétisme) , p. 10-11.)



Développement

Selon Antoine Faivre
« Selon les auteurs de la Confessio, «le grand livre de la nature» est « ouvert aux yeux de tout homme, en ne pouvant cependant être lu ni compris que par une minorité. […] Selon le début même du texte de la Fama, l’homme, en tant que microcosme, est capable d’acquérir l’art de pénétrer. la Nature, c’est-à-dire d’en faire jaillir, d’en connaître - au sens de gnôsis – le sens, les ressorts secrets, le côté «naturans ». Microcosme est pris ici en effet au sens de « abrégé de l’univers », comme l’indique la formule trouvée sur le tombeau de CRC. »
(Faivre, Antoine, - Accès à l’ésotérisme occidental , t. 2 – , Paris : éd. NRF Gallimard, 1996, (coll. Bibliothèque des sciences humaines) , p. 268)

Selon Antoine Faivre
« La vraie sagesse, la gnose, est selon les Manifeste [rosicruciens], l’œuvre de tous les chercheurs en vérité. […] Derrière la façade luthérienne des Manifestes se dessinerait donc une tendance «abrahamique» dont le syncrétisme gnostique associerait judaïsme, christianisme et islam. Si une telle tendance est peut-être décelable dans les Manifestes, ils n’en sont pas moins l’œuvre de chrétiens mais de chrétiens chez qui l’on soupçonnerait aisément une sorte d’indifférentisme en matière de religions constituées. […] La seconde naissance est garante, dès cette terre, de la possibilité, pour l’individu, non seulement de se «régénérer », mais aussi de contempler les mystères. Elle est garante d’une théosophie. Par la connaissance – la gnose, l’alchimie -, l’individu s’élève, tandis que la grâce divine descend vers lui. »
(Faivre, Antoine, - Accès à l’ésotérisme occidental, t. 2 - , Paris : éd. NRF Gallimard, 1996, (coll. Bibliothèque des sciences humaines) , p. 282-283)

Selon Roland Edighoffer
« Tout lecteur de ces écrits peut effectivement constater l’importance considérable que la gnose rosicrucienne confère à l’homme, ainsi qu’à la nécessité de sa métanoia : la Fama Fraternitatis évoque « le ciel, et son citoyen, l’homme », et rappelle que Christian Rosenkreuz avait été admis «ad cœlestia atque humana mysteria, arcanave » ; la Confessio Fraternitatis précise que la philosophie des Rose-Croix étudie avec application le ciel et la terre et, de la sorte, concentre toutes ses recherches sur l’homme et son image ; enfin les Noces chymiques décrivent la transmutation qui va permettre de faire de lui le putissimus homo régénéré par le Saint-Esprit. »
(Edighoffer, Roland, - Les Rose-Croix et la crise de conscience européenne au XVIIème siècle – , Paris : éd. Dervy ,1998 (Coll. Bibliothèque de l’hermétisme) , p. 10-11.)

Selon Roland Edighoffer
« En effet, la Rose-Croix originelle est bien une gnose, en ce sens qu’il ne s’agit pas d’une connaissance ordinaire, d’un savoir acquis par l’étude, mais bien d’une connaissance sacrée, telle que l’apôtre Paul la décrit notamment dans ses deux épîtres aux Corinthiens. Dans sa lettre aux Ephésiens (4, 10-14), il rappelle que cette gnose, qui est un pur don de Dieu, permet à l’homme de dépasser sa nature adamique et de parvenir à la stature d’homme parfait »
(Edighoffer, Roland, - Les Rose-Croix et la crise de conscience européenne au XVIIème siècle – , Paris : éd. Dervy ,1998 (Coll. Bibliothèque de l’hermétisme) , p. 19.)


 
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