« C’est précisément une gnose, c’est-à-dire une appréhension supra-rationelle du réel, transcendant le dualisme du sujet et de l’objet pour devenir une co-naissance à l’harmonie entre l’homme et l’univers, entre le microcosme et le macrocosme, que proposaient les premiers écrits rosicruciens authentiques, la Fama Fraternitatis, la Confessio Fraternitatis et les Noces chymiques de Christian Rosenkreuz. »


 

« Jan van Rijckenborgh (1896-1968) a animé avec Catharose de Petri, à Haarlem aux Pays-bas, L’Ecole Spirituelle de la Rose-Croix d’Or ( à partir de 1921), qui se ressource aux écrits de la Rose-croix initiale et développe une doctrine gnostique. » Roland Edighoffer, article – Rose-Croix -, In : - Dictionnaire critique de l’ésotérisme - , sous la dir.. De Jean servier, P.U. F., 1998, p. 1131.



"Nous écrivons ici pour ceux qui sont sensibles à la Gnose ou tout au moins pour ceux qui ressentent quelque intérêt pour les forces de la véritable Rose-Croix qui vont s’intensifiant ". Rijckenborgh, Jan van , - Le témoignage de la fraternité de la Rose-Croix, analyse ésotérique de la Confessio fraternitatis rosae crucis -, p. 26)


 

D’abord créé à l’image de Dieu, l’homme originel, tombé dans un monde étranger, erre d’incarnations en incarnations. Le seul vestige de sa gloire passée est une fleur ensommeillée au cœur de l’homme naturel : le « christ » en nous. Le but d’un chemin spirituel est donc d’édifier, à partir de cette précieuse pierre d’angle, le Triple Temple de l’Esprit, de l’Ame et du Corps.



Une école spirituelle est avant tout un pont construit entre les natures terrestre et divine. Un tel vaisseau à trois ou sept étages (ou degrés de transmutation) permet à ceux qui y entrent de défier les tempêtes astrales provoquée par le déversement d’eaux vives du Verseau et de reconstruire leur propre triple temple intérieur : Âme, Esprit et Corps.


 

Qu’entend-on par « vie intérieure » ? Pour les gnostiques c’est entrer dans une dimension spirituelle étrangère par nature aux domaines psychologiques, artistiques, occultes ou mystiques.



Il existe en l’homme une capacité innée à s’interroger sur le sens de sa vie. Cette capacité émane d’un foyer intérieur parfois difficile à cerner, mais parfois aussi tellement présent, qu’il réveille au cœur des hommes la nostalgie d’une vie tout autre, comme un appel pressant à retrouver l’authenticité pressentie de soi.


 

Le mot « initié » désigne couramment quelqu’un qui a accès à des secrets. Dans son usage occulte ou mystique, il évoque un être à qui des savoirs ont été révélés par des expériences dans l’astral, souvent dites « spirituelles ». Une initiation de ce type comporte l’acquisition de pouvoirs et parfois de grades, mais, selon la vision gnostique, elle n’est pas libératrice de la roue de la vie et de la mort.



Selon les enseignements gnostiques, les notions communément employées dans les discours religieux sont à redécouvrir de l’intérieur. Ainsi la foi n’est pas un quelconque état de béatitude émotionnelle ou de croyance aveugle, mais le fondement d’un chemin de transformation totale de la nature humaine.


 

« Le cœur est le sanctuaire au centre duquel se trouve un petit espace où habite le Grand Esprit (Wakan-Tanka).Pour connaître le centre du cœur où réside le Grand Esprit, vous devez être purs et bons et vivre selon la manière que le Grand Esprit nous a enseignée. L'homme qui, de cette manière, est pur, contient l'univers dans la poche de son cœur » (sage de la tribu sioux Oglala )



L’homme naturel recèle en son cœur un vestige d’éternité d’où peut jaillir l’élixir de vie divine. Il possède aussi trois centres de conscience dans lesquels cette pure force divine peut agir : le cœur, la tête et le bassin. On parle alors de trois kundalini. Le processus vécu dans les écoles spirituelles gnostiques commence toujours à partir de la kundalini du cœur.


 

Le rayonnement gnostique initie un processus de conscience de soi. Il donne à l'homme la connaissance de ses propres origines et de sa véritable destinée - et le mène à la connaissance spirituelle de première main.



La transformation alchimique gnostique passe par trois grandes phases : maturation de la conscience et reddition de soi, connaissance de soi et génération d’une nouvelle âme, nouveau comportement et transfiguration de la corporéité entière par les forces de l’Esprit.


 

La posture gnostique peut être résumée par la formule johannite « Etre de ce monde mais pas de ce monde ». Pour autant, elle ne signifie nullement qu’il faille mépriser le corps ou notre environnement.



Comme les représentations des mystères antiques, les textes évangéliques présentent un drame dans lequel chaque personnage, chaque situation, chaque objet est le symbole d’une réalité intérieure et d’une transformation à accomplir.


 

Gnose signifie à la fois « connaissance » et « naissance ». Cette philosophie de vie qui engage tout l’être, Platon la définissait en son temps par ces mots : « la connaissance est ce qui permet de s’assimiler autant qu’il est possible à Dieu, ce qui implique d’être juste et saint avec l’aide de l’intelligence » (Timée 72b).



La gnose est avant tout un rayonnement, une lumière spirituelle, une substance éthérique pure qui irradie un champ d’informations. Elle est présente dans l'atmosphère, et sons influence est décrite sous forme de mythes, d’images et de symboles dans les écrits gnostiques.


 

La gnose est champ de conscience et de rayonnements, comparable à un champ informationnel étranger à ce qui régissent les mondes naturel ou culturel ; ce champ radiant est en premier lieu perceptible par ce qui est de même nature que lui : un principe inscrit au coeur de tout homme et que les traditions sacrées universelles nomment selon : le Joyau dans le Lotus, la Rose- du Coeur, le Grain de sénevé, l'Oeil du coeur, l'Atman, "l'Etincelle divine", un "atome-germe", etc.



Par une expérience intérieure déterminante et une prise de conscience radicale, le gnostique sait qu’il existe fondamentalement deux ordres de nature : l’un matériel et l’autre divin. Par là même, il découvre à l’oeuvre en lui le germe igné d’une âme divine qui le transformera jusqu’à révéler pleinement la forme originelle de l’homme-microcosme.


 

Ce que l’on nomme « aura » peut signifier deux réalités distinctes : soit différentes parties subtiles du « corps » de l’être humain ordinaire, soit le « vêtement de lumière » ( ou « corps glorieux »).



Déchus et comme « endormis » dans notre monde, oubliés mêmes au creux de notre propre cœur, les microcosmes, ou fils de Dieu, sont dans l’attente de retrouver leur gloire originelle : une sphère de pleine conscience, septuplement manifestée.