Introduction 1 : Eglise extérieure et intérieure

Les grandes religions ont souvent présenté à leurs débuts un aspect extérieur, fait de croyances et de moral, et un aspect intérieur ouvrant un chemin de réalisation intérieure. Ces deux aspects furent parfois compris comme des phases successives, mais ils peuvent aussi être vécus comme des pôles à jamais complémentaires.

Les grandes religions ont souvent présenté à leurs débuts deux aspects : le premier exotérique, extérieur, qui pose les grandes lignes du dogmes et s’adresse à un public large, afin d’élever son niveau moral dans la vie quotidienne, et un second, dit ésotérique, intérieur, ouvert aux candidats désireux d’entreprendre un chemin de réalisation intérieure.
Bien que très tôt dans leur histoire les religions établies séparèrent ces deux aspects, puis oublièrent l’aspect intérieur, ils ne sont pas fondamentalement opposés.
Ils furent parfois compris comme des phases successives : selon le christianisme des évangiles canoniques, l’Eglise extérieure est la période d’établissement de la Loi et de maturation par l’expérience, et l’Eglise intérieure permet l’accomplissement de la Loi par l’amour fraternel universel.
Mais ils peuvent aussi être vécus comme à jamais complémentaires comme l’enseignait déjà Paul de Tarse : le monde est le lieu où sont éprouvés à tout instant la foi, l’éveil de la conscience et l’éthique de chacun.
Le mot « église » vient du grec « ekklésia » qui signifie « assemblée ».
Dans les aspects intérieurs des communautés spirituelles gnostiques, cette assemblée n’a plus seulement pour but de maintenir vivante la foi de ses membres : elle s’efforce de leur transmettre une parfaite connaissance de la nature humaine et surtout d’édifier un champ fraternel authentique. Ainsi, dans le christianisme paulinien et gnostique, l’adoration de Christ est remplacée par l’imitation de Christ. Il n’est plus un personnage historique ou un « Fils de Dieu » à vénérer à l’extérieur de soi, mais une force à laisser agir en soi. Selon l’Evangile de Jean, cette force « donne à tous ceux qui la reçoivent le pouvoir de redevenir enfant de Dieu ».
Chaque fraternité gnostique édifia une église intérieure afin de guider ses membres sur le chemin de retour : de la foi et de la connaissance jusqu’à l’acte juste, c’est-à-dire jusqu’au « Royaume de Lumière qui n’est pas de ce monde ».


Introduction 2 : Hérésies, connaissance et choix de vie

Devenu péjoratif au 4ème siècle, le mot « hairesis signifie avant tout « choix » de conscience devant toute nouvelle impulsion divine historique, et donc « choix » renouvelé de vie.

En Occident, le mot « hairesis », qui signifie « choix », ne prend un sens juridique et répressif qu’à l’inauguration d’une orthodoxie religieuse en 325 ( concile de Nicée ) au service de la constitution du catholicisme en religion d’Etat. Auparavant, « hérésie » désignait des petites communautés interprétants les dogmes religieux selon des revendications d’ordre éthique.
Au 4ème siècle, une orthodoxie catholique est érigée et antidatée pour justifier sa prééminence en tant de source véritable de la chrétienté.
Deviennent alors « hérétiques », toutes formes de pratiques religieuses ou philosophiques et toutes connaissances susceptibles de remettre en question les croyances « orthodoxes » de la religion au pouvoir.
Mais il faut aussi mentionner une autre source de remise en question des dogmes et des croyances établis : celle d’une impulsion divine, cherchant sans cesse à garder vivant le message de salut qu’elle adresse aux hommes.
A la croisée du « temps horizontal » de l’histoire et du « temps vertical » de chaque nouvelle impulsion divine, peut aussi se jouer le choix « hérétique » d’une vie selon une expérience intérieure spirituelle décisive.


 
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