Le symbolisme du christianisme naissant

Jaillissant d’un jeu de miroir entre des thèmes grecs, égyptiens et hébraïques, les symboles du christianisme originel révèlent la connaissance d’un processus de transformation spirituel mettant en œuvre une influence supra cosmique et une structure communautaire propice à sa réception selon les ressources intérieures propres à tout être humain.

L’iconographie symbolique judéo-chrétienne des trois premiers siècles se caractérise par la présence d’une source hébraïque à côté de thèmes plus vraisemblablement grecs et égyptiens. Ces thèmes permettent de rendre compte de conceptions courantes à l’époque, qui furent ensuite remaniées ou occultées car elles ne s’accordaient pas avec la nouvelle orthodoxie imposée au 4ème siècle par l’église catholique dont le dogme religieux soutenait la gestion d’état de l’empereur romain. Parmi les symboles grecs, on peut citer, dès le premier siècle, Hermes, le messager des dieux devenu le Bon Pasteur, et le poisson ( ichtus en grec ), symbole commun à la culture grecque et à la tradition biblique. Viennent ensuite les thèmes de la vigne et de l’arbre de vie ( symbole de l’incorruptibilité des corps ressuscités ), de la fête des Tabernacles ( symbole de la gloire des élus ), de la barque ( immortalité ), de l’eau vive ( l’Esprit sanctifiant ), de la charrue et de la croix ( ensemencement divin ), de l’étoile et du zodiaque ( avènement d’une lumière rédemptrice de tous les destins ). Parmi les altérations que ces symboles subirent, ce fut la croix qui subit la transformation la plus brutale : de croix lumineuse, elle devint croix de souffrance, quand, légalisant une pratique déjà présente dans certaines églises, le concile de Quinsexte ( en 692 ) ordonna d’y clouer des christs mortifiés, renversant ainsi totalement le message initial.