L’origine du christianisme

Baignée d’influences diverses (cultes à mystères grecs et égyptiens, cosmogonies persanes et lectures midrashiques) Alexandrie fut, dès le siècle qui précède notre ère, le berceau d’un christianisme véritablement universel.

Le christianisme est né de l’aura spirituelle de groupes hébraïques hellénisés dans une Alexandrie baignée de cultes à mystères grecs et égyptiens. Il participa d’une volonté de relire la bible hébraïque autrement que ne l’interprétait l’orthodoxie saducéenne et pharisienne. En effet, il existait un accord sur la méthode midrashique, mais désaccord entier sur le but de l’opération : en comblant le fossé entre Thora visible et Thora infinie, les premiers chrétiens hébreux prétendirent « accomplir » le texte sacré ; par là, on peut les considérer comme des gnostiques. Les pharisiens, comme les saducéens tenaient le Temple pour la référence géographique sacrée de leur religion. La présence romaine, favorisée par la lignée usurpatrice des hasmonéens, fut considérée, par certains esprits, comme, pour une souillure inacceptable. Les zélotes ( confondus parfois à tort avec les chrétiens ) réagirent par une reprise des armes pour rétablir une Jérusalem terrestre ; fidèles en cela à la tradition qui motiva l’histoire du royaume de Judée, ils cherchèrent à rétablir la lignée de David sur le trône, sans plus attendre. Tout au contraire, chez les judéo-chrétiens, plus proches du prophétisme samaritain, il s’est agit d’accomplir le texte de la révélation jusqu'à la réalisation d’une Jérusalem céleste. Cette réalisation supposait une profonde transformation de ceux qui se décidaient à la mettre en oeuvre ; elle impliquait, comme dans les cultes à mystères grecs et égyptiens, l’idée de l’avènement d’un soi divin. Ce soi divin est le messie intérieur, le principe devant reconstruire le temple, c’est-à-dire devant rétablir un corps glorieux. Cette lecture midrashique particulière des judéo-chrétiens rencontra, outre les conceptions des mystères grecs et égyptiens, les idées persanes pré-gnostiques ; elle engendra alors une multitude de « communautés ». L’une d’entre elles devînt l’église catholique, qui s’allia au pouvoir temporel romain au 4ème siècle et imposa un dogme : celui d’une Jérusalem céleste dont l’avènement est repoussé à un toujours plus tard ( après la mort et à la « fin des temps » historiques ), alors que les premiers chrétiens l’envisageaient de leur vivant, ici et maintenant, dans un hors-temps historique.