Au 3ème siècle persan, à la croisée du christianisme et du bouddhisme, Mani le Vivant se dit enseigné par l’ange Al-Tawm ( le « jumeau » ou le « Paraclet » ) et annonça : « Comme un fleuve se joint à un autre fleuve pour former un courant puissant, ainsi se sont joints les anciens livres dans mes Ecritures ; et ils ont formé une grande Sagesse ».

Le
manichéisme s’est développé dés le 3ème siècle en Babylonie, à partir de l’enseignement de Mani, appelé aussi Manikhaïos ( c’est-à-dire en syriaque, Mani le Vivant ). La légende dit que dès l’âge de douze ans, Mani fut enseigné par l’ange Al-Tawm ( le jumeau, mais aussi le Paraclet ). Il fut élevé dans une communauté judéo-chrétienne
gnostique dont il retiendra la figure christique du sauveur Jésus. Mani a beaucoup emprunté aux apocryphes
gnostiques ( comme ceux de Marcion et de Bardesane ), mais il prit soin de rédiger et de canoniser lui-même les écrits relatifs à son enseignement. Cet enseignement, d’abord favorisé par le souverain perse Shapur, se heurta ensuite à l’intolérance du mazdéisme orthodoxe. Toutefois, malgré les persécutions, l’expansion du
manichéisme dura près de douze siècles, de l’Occident à la Chine, réalisant ainsi, dans le monde, ce que Mani disait de sa propre sagesse : « Comme un fleuve se joint à un autre fleuve pour former un courant puissant, ainsi se sont joints les anciens livres dans mes Ecritures ; et ils ont formé une grande Sagesse ». En effet, la révélation de Mani se montra apte à s’exprimer conformément aux langages et aux mythes des pays qui la connurent. Ainsi, Mani fut appelé « Vénérable de la lumière » en Chine, « Bouddha de lumière » en Orient et « Apôtre de Jésus » en Occident. A cet égard, le
manichéisme peut-être considéré comme une
gnose étendue aux dimensions grandioses d’une religion universelle.