Le mot « initié », dans son usage courant, désigne quelqu’un qui a accès à des secrets. Dans son usage occulte ou mystique, il évoque un être à qui des connaissances ésotériques ou magiques ont été révélées par des expériences dans l’astral, souvent dites « spirituelles ». Une initiation de ce type comporte l’acquisition de pouvoirs et parfois de grades ; mais, selon la vision gnostique, elle n’est pas libératrice de la roue de la vie et de la mort.

L’initiation
gnostique ne peut se comprendre qu’en référence à l’existence du microcosme, de l’Homme-Ame-Esprit, créé à l’image de Dieu dont un vestige gît, abîmé, au cœur de chaque être humain.
Le véritable initié est celui qui a mis entièrement sa personnalité au service du processus de reconstruction et de réintégration de ce
microcosme dans son domaine de vie originel.
Il ne veut rien pour lui-même, et s’adresse au Père de toute vie en disant : « non pas ma volonté, mais que la Tienne s’accomplisse en moi ». La volonté du Père est une force intérieure qui accomplit son oeuvre alchimique dans le champ de vie d’une communauté d’âmes, d’une école spirituelle. Elle nourrit alors le germe divin, l’âme divine enfouie en l’homme. Par une juste compréhension, et une juste utilisation de cette force, le candidat est conduit jusque sur la croix.
La croix est formée par deux dimensions : l’une horizontale, humaine, et l’autre verticale, divine, et c’est donc à leur point de rencontre que s’épanouit la Rose, l’âme divine.
Succédant au travail de transmutation, peut commencer le processus de transfiguration. Le candidat n’est plus « de ce monde », pourtant est il est toujours « dans ce monde », où il continue d’oeuvrer au service de l’humanité.