Les gnostiques chrétiens

Les gnostiques chrétiens, malgré la diversité de leurs mythes, considéraient tous qu’ils avaient reçu les enseignements donnés par Christ aux les apôtres. Etre enseigné du Christ signifiait donc : posséder un sang transmué, une conscience renouvelée par l’Esprit, et un corps transfiguré. C’est à ce triple processus spirituel qu’ils consacraient leur vie.

Les gnostiques chrétiens, en tant qu’héritiers du judéo-christianisme primitif et des cultes à mystères antiques, et malgré une grande diversité dans leurs enseignements, considèrent tous qu’ils ont reçu les enseignements que le Christ donnait directement aux apôtres ; ils entendent cela symboliquement, comme décrivant un état d’être intérieur accessible à tous ceux qui s’y consacre : être enseigné du Christ signifie posséder un sang transmué, une conscience renouvelée par sa participation à l’Esprit, et un corps ( un sensorium ) transfiguré. De fait, les gnostiques se démarquèrent du consensus optimiste qui régnait vers 125-150 dans la grande Eglise. Partout ils luttèrent contre l’emprisonnement du message chrétien dans une organisation qui promouvait la croyance plutôt qu’une connaissance transformatrice. Dès le début, le judéo-christianisme est gnostique (de gnose, connaissance), même si le postulat de deux principes n’est pas toujours clairement exprimé ; ainsi, le gnosticisme du début du 2ème siècle sera avant tout un mouvement né au sein du christianisme, même s’il avait d’autres origines ( iranienne, hébraïque, grecque,… ). La plupart des textes les plus anciens ont pour origine la Syrie et la Mésopotamie, mais c’est en Egypte que le gnosticisme trouva à s’épanouir. Il naît au sein de courants syncrétiques juifs marginaux, qui opposaient déjà depuis le début du 1er siècle l’idée d’une Jérusalem céleste à la Jérusalem terrestre, celle ( tradition biblique prophétique ) d’un dieu qui libère du monde de la matière, opposée à celle du dieu Yahvé ( tradition biblique légaliste ), qui impose à l’homme une terre de pénitence et de soumission. Après des précurseurs comme Ménandre ou Satornil, les plus grands gnostiques connus furent Carpocrate et Basilide ( autour de 125 ), Satornil et Valentin ( autour de 145 ), Ptolémée, Théodore et Héracléon ensuite. A côté des écoles qu’ils fondèrent, florissaient des mouvements comme les barbélognostiques et les séthiens. Parmi les oeuvres caractéristiques du gnosticisme, citons la Pistis Sophia, et des évangiles comme celui de Thomas ou de Philippe, retrouvés à Nag Hammadi. Face aux systèmes philosophiques et mythologiques hautement élaborés du gnosticisme, le courant ecclésiastique manqua un temps de penseurs efficaces pour défendre ses intérêts et penser sa croyance. La doctrine catholique prit corps progressivement, se constituant toujours « contre » les conceptions mettant en péril son alliance avec les pouvoirs temporels.