Toute religion authentique possède au moins deux aspects : le premier exotérique, extérieur, qui propose au plus grand nombre les rites et points doctrinaux majeur ; et un second, dit ésotérique, intérieur, ouvert aux candidats désireux d’entreprendre un chemin de réalisation spirituelle.

Le mot « église » (ekklésia) signifie avant tout « communauté d’âmes ». Cette assemblée a pour fonction d’entretenir le culte, de transmettre un enseignement vivant et de faire fructifier les bases d’une foi active.
Toute école des mystères se révèle sous deux aspects. Le premier exotérique, extérieur, qui pose les éléments principaux de doctrine et les rites, et s’adresse à un public large, afin d’élever son niveau moral (la foi-sagesse) et un second, dit ésotérique, intérieur, permettant aux candidats qui le désirent de se préparer à entreprendre un chemin de réalisation spirituelle (l’espérance) . Un troisième aspect, « à l’intérieur de l’intérieur », est constitué de ceux qui accèdent à la magie opérative des enfants de dieux (l’amour).
Ces deux aspects manifestés ne sont pas opposés. Ils peuvent être compris et vécus comme des étapes, des phases successives, telles qu’on les retrouve dans la Bible : l’Eglise extérieure est la période d’établissement de la Loi, de préparation, de maturation, par l’expérience, et l’Eglise intérieure permet la véritable conversion et l’accomplissement de la Loi, ainsi que les textes pauliniens nous l’enseignent.
Dans le
christianisme intérieur, l’adoration de Christ est remplacée par l’imitation de Christ. Il n’y a plus un personnage historique « fils de Dieu » à vénérer à l’extérieur de soi, mais une force à laisser agir en soi. Cette force « donne à tous ceux qui la reçoivent le pouvoir de redevenir enfant de Dieu », comme il est dit au début de l’évangile de Jean.
L’église intérieure guide le candidat sur le chemin de retour qui le conduit de la foi jusqu'à la véritable connaissance, puis jusqu’au Royaume de Lumière qui n’est pas de ce monde mais œuvre dans et pour ce monde.